Rentes alimentaires : réduction progressive de la déduction depuis 2025

Publié le 2 mars 2026 à 16:54

Si vous versez une rente alimentaire à votre ex-partenaire ou à vos enfants, l’avantage fiscal dont vous bénéficiez diminue progressivement depuis l’année de revenus 2025. La déduction de 80 % qui existait jusqu’en 2024 appartient désormais au passé.

Le régime jusqu’à l’année de revenus 2024

Jusqu’à l’année de revenus 2024 (exercice d’imposition 2025), vous pouviez déduire fiscalement 80 % des rentes alimentaires versées, pour autant :

  • qu’elles soient payées en exécution d’une obligation légale d’entretien ;

  • qu’elles soient versées régulièrement ;

  • que le bénéficiaire ne fasse pas partie de votre ménage.

En contrepartie, le bénéficiaire (le crédirentier) était imposé sur 80 % des montants perçus, à titre de revenus divers.

Nouveau système à partir de 2025

Une réforme adoptée fin décembre 2025 instaure une réduction progressive du pourcentage déductible.

Voici le calendrier prévu :

  • Année de revenus 2025 (EI 2026) : 70 % déductible

  • Année de revenus 2026 (EI 2027) : 60 % déductible

  • Année de revenus 2027 (EI 2028) : 50 % déductible

À partir de 2027, seule la moitié des montants versés restera donc fiscalement déductible.

Impact concret

Prenons un exemple : pour une rente annuelle de 6 000 € :

  • en 2024, 4 800 € étaient déductibles ;

  • en 2025, seuls 4 200 € le sont encore ;

  • à terme, ce montant descendra à 3 000 €.

Le coût net après impôt augmente donc progressivement pour le débirentier.

Symétriquement, le crédirentier ne sera imposé que sur le pourcentage correspondant (par exemple 60 % pour les montants perçus en 2026).

Suppression de la déduction hors EEE

Autre changement majeur : depuis l’année de revenus 2025, les rentes alimentaires versées à un bénéficiaire résidant en dehors de l’Espace économique européen (EEE) ne sont plus du tout déductibles.

Cela concerne notamment les bénéficiaires établis :

  • au Royaume-Uni ;

  • aux États-Unis ;

  • en Suisse ;

  • ou dans tout autre pays hors EEE.

Dans ces situations, aucune déduction fiscale n’est désormais admise.

Conséquences pour votre déclaration

Dans votre déclaration relative à l’année de revenus 2025 (exercice d’imposition 2026), vous ne pourrez donc déduire que 70 % des montants versés en 2025 — et rien du tout si le bénéficiaire réside hors EEE.

Attention : le pourcentage applicable dépend de l’année civile du paiement, et non de la date du jugement ou de la convention qui fixe la rente. Un suivi précis des versements par année est indispensable.

Faut-il envisager une révision de la rente ?

Dans de nombreux cas, le montant de la rente alimentaire a été fixé en tenant compte de l’avantage fiscal du débiteur.

La diminution progressive de la déduction peut constituer un changement de circonstances justifiant une demande de révision devant le tribunal de la famille.

À retenir

  • La déduction passe de 80 % (jusqu’en 2024) à 50 % à partir de 2027.

  • Dès 2025, aucune déduction n’est possible si le bénéficiaire réside hors EEE.

  • Le coût fiscal des rentes alimentaires augmente donc progressivement.

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