Depuis 2026, la nouvelle taxe sur les plus-values modifie en profondeur la fiscalité des investisseurs privés. Chaque contribuable doit désormais choisir entre la retenue automatique à la source (opt-in) ou la déclaration via l’IPP (opt-out). Un choix qui influence à la fois la charge fiscale et le niveau de transparence vis-à-vis du fisc.
Un changement majeur pour les investisseurs
Jusqu’en 2025, les plus-values sur actions détenues dans le patrimoine privé étaient souvent exonérées, pour autant qu’il n’y ait pas de gestion spéculative.
Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values sur actifs financiers sont en principe imposables, même dans le cadre d’une gestion normale.
Actifs concernés
La taxe vise notamment :
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actions cotées et non cotées
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obligations
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fonds et ETF
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produits dérivés
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assurances Branches 21, 23 et 26
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cryptomonnaies
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certaines formes d’or d’investissement
Restent en principe exclus :
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comptes d’épargne
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comptes à terme
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deuxième et troisième piliers de pension (régimes spécifiques).
La valeur de référence au 31 décembre 2025
Pour les actifs détenus avant 2026, la valeur de départ pour le calcul de la plus-value est celle au 31 décembre 2025.
Seule l’augmentation au-delà de cette valeur sera en principe taxée lors de la vente.
Si le prix d’acquisition historique est supérieur à la valeur du 31 décembre 2025, il est possible de prouver ce prix plus élevé et de l’utiliser comme base de calcul — mais cette possibilité serait limitée dans le temps, jusqu’au 31 décembre 2030. À partir de 2031, la valeur au 31 décembre 2025 deviendrait la référence définitive pour les positions antérieures à 2026.
Opt-in ou opt-out : deux approches possibles
1️⃣ L’opt-in : retenue automatique à la source
Dans ce système, la banque ou le courtier prélève directement 10 % sur chaque plus-value réalisée lors d’une vente.
Avantages :
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simplicité administrative
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pas de mention détaillée à reprendre dans la déclaration
Inconvénients :
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la retenue s’effectue transaction par transaction
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aucune prise en compte automatique de votre situation annuelle globale
Conséquences pratiques :
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l’exonération annuelle de 10 000 € n’est pas automatiquement appliquée ;
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les pertes réalisées la même année ne sont pas imputées à la source ;
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vous pourriez payer 10 % sur chaque gain alors que votre résultat annuel net est bien plus faible.
En pratique, rester totalement “anonyme” via la retenue à la source peut conduire à un impôt effectif supérieur à 10 %.
2️⃣ L’opt-out : déclaration via l’IPP
Dans ce cas, aucune retenue automatique n’est opérée. Vous déclarez vous-même vos plus-values dans votre déclaration à l’impôt des personnes physiques.
Avantages :
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application correcte de l’exonération annuelle de 10 000 €
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imputation des pertes sur les gains de la même année
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vision globale de l’ensemble du portefeuille
Inconvénient :
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charge administrative plus importante
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visibilité accrue vis-à-vis de l’administration fiscale
Importance du timing
Dans le nouveau système, l’imputation des pertes est une question de calendrier.
Il est conseillé :
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de tenir un relevé annuel précis des gains et pertes réalisés ;
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d’envisager, si pertinent, la réalisation de positions déficitaires au cours de la même année que des gains importants.
À retenir
À partir de 2026 :
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l’opt-in (retenue à la source de 10 %) offre simplicité et discrétion, mais peut entraîner une charge fiscale plus élevée ;
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l’opt-out (déclaration à l’IPP) permet d’optimiser l’exonération annuelle et l’imputation des pertes, au prix d’une gestion administrative rigoureuse.
Le choix entre ces deux systèmes doit être réfléchi en fonction de la composition de votre portefeuille, de votre stratégie d’investissement et de votre appétence au risque fiscal.
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