Prêter de l'argent à sa société : attention au risque de requalification fiscale en 2026

Publié le 4 août 2026 à 21:46

De nombreux dirigeants financent temporairement leur société via un compte courant créditeur ou un prêt personnel. Cette pratique est autorisée, mais elle doit respecter certaines limites fiscales. À défaut, une partie des intérêts perçus peut être requalifiée en dividendes, avec des conséquences fiscales tant pour le dirigeant que pour la société.

Un taux d'intérêt maximal revu à la baisse

Pour les comptes courants sans échéance, le taux d'intérêt maximal admis fiscalement est fixé à 6 % pour 2026, contre 7,08 % en 2025.

Si le taux appliqué dépasse ce plafond, les intérêts excédentaires risquent d'être requalifiés en dividendes et ne seront plus considérés comme des intérêts fiscalement déductibles.

Deux conditions sont contrôlées par l'administration

La requalification peut intervenir lorsque l'une ou les deux conditions suivantes sont remplies :

  • le taux d'intérêt est supérieur au taux admis fiscalement ;
  • le montant total des prêts consentis par l'actionnaire ou le dirigeant dépasse les fonds propres fiscaux de la société (capital libéré et réserves taxées).

Lorsque ces deux seuils sont dépassés simultanément, la requalification fiscale peut être particulièrement importante.

Des conséquences pour le dirigeant et pour la société

La partie des intérêts requalifiée est considérée comme un dividende.

Pour le dirigeant ou l'actionnaire, cette rémunération est alors soumise au précompte mobilier de 30 %, sans possibilité de bénéficier des régimes préférentiels tels que le VVPR-bis ou de l'exonération applicable à certains dividendes.

Pour la société, les intérêts requalifiés deviennent une dépense non admise, ce qui augmente directement la base imposable à l'impôt des sociétés.

Ce qu'il faut retenir

Le financement d'une société par son dirigeant reste un outil intéressant, mais il doit être structuré avec prudence. En 2026, la baisse du taux d'intérêt maximal à 6 % renforce le risque de requalification fiscale.

Avant de fixer les conditions d'un prêt ou d'un compte courant créditeur, il est conseillé de vérifier que le taux d'intérêt et le montant prêté respectent les limites prévues par la législation afin d'éviter une taxation supplémentaire pour le dirigeant comme pour la société.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.